INTERVIEW DU 15 OCTOBRE 2004

 

© Corbis (le 22/10/2004)

 

CM : Même si la nouvelle n’a été annoncée que ces jours-ci, tu as décidé il y a quelques mois d’arrêter la série P.J… Peux-tu nous donner les raisons qui t’ont amenées à prendre cette décision ?
BW : L'envie d'ailleurs...

CM : Décision difficile à prendre je suppose car depuis 7 ans tu incarnais le personnage de Vincent Fournier. Est ce que tu ne vas pas regretter d’avoir fait ce choix ?
BW : Comment répondre à ça? ! Je verrai bien... Je suis en plein accord avec moi-même en arrêtant, alors pourquoi regretterai-je, quoi qu'il se passe ? Continuer sans désir serait regrettable !

CM : Quelles ont été les réactions de la chaîne, de la production, des réalisateurs, de tes partenaires à l’annonce de ta décision ?
BW : J'ai prévenu très en amont, afin que tout soit clair et "dans les règles". La chaîne a accepté en comprenant tout en regrettant... La productrice est une amie et souhaite mon épanouissement avant son audimat, et m'a proposé symboliquement d'aller jusqu'à l'épisode 100, ce que je fais. Les réalisateurs et auteurs se sont peu exprimés et "font avec", j'espère sans amertume. Quant à mes partenaires, ceux qui me connaissent bien, non seulement me comprennent mais savent que c'est le bon choix pour moi. Tout, dans la rupture en tous cas, s'est fait on ne peut plus en douceur et en respect les uns des autres. Il n'y a guère eu de vraie surprise quant à ma décision... Je suis assez "lisible", je crois !

CM : Quel « bilan » peux-tu faire de cette expérience ? Que t’as apportée la série, ce personnage ?
BW : Trop tôt pour un bilan, et en bon fils de comptable, je n'aime pas trop cette notion de jugement sur le passé ! On verra plus tard, quand ce sera fini depuis quelques temps... La série m'a appris l'endurance, à perfectionner mon outil d'acteur sur un plateau, à gérer les conflits, à savoir me taire, à choisir de "l'ouvrir" malgré tout parfois aussi, à définir mes goûts plus précisément, à faire des choix difficiles parfois à assumer, à me connaître davantage, et les autres aussi, à grandir j'espère ! Elle m'a aussi permis de m'acheter une maison que j'adore, ce qui est un vrai luxe je trouve ! Le personnage : je serai curieux de le rencontrer un jour dans la vie réelle, pour voir !...

CM : Serais-tu prêt à nouveau à interpréter un personnage récurrent pour une autre série si elle est de qualité ?
BW : Laisse moi déjà finir celle-là ! Y a pas que les séries dans la vie ! (Quoique, quand on regarde les programmes télé !...)
Disons que j'espère avoir suffisamment de travaux variés pour ne pas réitérer trop vite.


CM : Tu viens de terminer le tournage d’un épisode de P.J, il t’en reste 2 à tourner au printemps prochain. Est ce que ce n’est pas difficile de continuer à tourner ces derniers épisodes sachant que l’aventure se termine ?
BW : Non, au contraire ! Mes rapports sont clairs avec moi-même comme avec les autres, et j'aime ça !

CM : Tu n’as pas peur de décevoir le public qui suit cette série depuis le début ?
BW : Je pense que ceux qui sont très attachés à la série continueront à l'aimer sans moi, je le souhaite vraiment, car la série continue et j'espère pour longtemps, pour le public comme pour l'équipe de PJ. Je ne me pense vraiment pas irremplaçable !...

En fait, je pense plutôt à tous ceux qui m'abordent fréquemment après avoir vu d'autres personnages que celui de Fournier et qui me disent souvent :" C'est super de vous voir dans des registres différents !..." Je pense plutôt à ceux-là avec qui je me sens plus en accord. Voilà...

 

CM : Au mois d’août, tu as participé au téléfilm « mon frangin d’Amérique ». Tu interprètes un prof radicalement opposé au personnage de Terrien dans « Terminale ». Qu’est ce qui t’a donné envie d’accepter ce rôle ? L’histoire, ton personnage, l’opportunité de travailler avec Jacques Fansten ?

BW : L’opportunité de travailler avec Jacques Fansten. J'attendais cette occasion depuis longtemps. Et un beau second rôle avec ce réalisateur me semblait plus en accord avec cette période plutôt que d'accepter une nième saga où j'avais peur de finir plus déçu que satisfait !...

 

CM : Sans dévoiler toutes les « surprises » de ce téléfilm, on va pouvoir te découvrir chanteur, guitariste, danseur. Tu as dû donc répété ces 3 disciplines avant le tournage. Qu’est ce qui t’a paru le plus difficile ? Le chant (on avait déjà pu t’entendre dans « la parité » en interprétant « Pénélope »), jouer de la guitare, ou la danse ?

BW : Le personnage n'est pas un guitariste ni un vrai danseur, heureusement ! (je n'ai eu que 2 mois de pratique pour le tout...). Mais n'ayant AUCUNE base musicale, ce fût très intense de parvenir sans trucage à joindre mes deux "mains gauches" plus la voix ! (J'ai quand même réussi à finir avec une tendinite à un index !). Pour le rock, je me suis laissé aller plus naturellement, même si je sens bien que je ne serai jamais Gene kelly ou Travolta !!! Bref du boulot d'apprentissage astreignant et drôle à la fois.

 

CM : L’histoire se déroule en 1959. C’est une période à laquelle tu es attaché ?

BW : Oh oui ! J'aurai vraiment aimé être ado dans ces années et surtout 60 à 70...

 

CM : Peux tu nous raconter un peu le sujet du film ?

BW : La vie d'une bande d'ados, leur quotidien, leurs questions, leurs problèmes... une très jolie chronique sentimentale et sociale.

 

CM : Tu as commencé les répétitions de « derniers remords avant l’oubli ». A lire tes précédentes interviews, on aurait pu penser que tu n’étais pas prêt à refaire du théâtre. Qu’est ce qui t’a fait changer d’avis ?

BW : C'était le bon moment ! Le bon metteur en scène (que je connais déjà bien), un auteur que j'adore, et un personnage si complexe... Je n'ai pas hésité !

 

CM : Tu vas jouer « Pierre ». Que peux-tu nous dire sur ton personnage ?

BW : Oh la la !... Venez voir !

 

CM : Lors de la tournée, aucune date n’est prévue à Paris ou en région parisienne. Tu n’en es, bien sûr, pas responsable mais est ce que c’est quelque chose que tu regrettes ou peu importe pour toi les villes où tu vas jouer ?

BW : Je préfère ainsi. Ce sera plus discret médiatiquement donc je pourrai me concentrer totalement sur le travail sans la pression parisienne.

 

CM : Tu ne seras pas remonté sur les planches pendant presque 12 ans. A cette époque, tu avais un trac énorme avant de monter sur scène. Penses-tu qu’avec plus de « métier », de « bouteille », tu vas combattre ce trac plus facilement?

BW : Je le saurai vite ! Pour le moment, je travaille dans le plaisir, sans présumer du futur.

 

CM : Je reçois beaucoup de questions au sujet de la date de diffusion de la version longue de « Lagardère », qui est visiblement très attendue. Tu as une idée de la période à laquelle le film sera présenté sur France 2 ? Ce film te tient particulièrement à cœur pour plein de raisons. C’est important pour toi que le film remporte un grand succès ? Tu n’aimes pas trop en général faire de la promo mais là, tu vas avoir à cœur de défendre le film. « Lagardère » a été présenté au dernier festival de St Tropez, il le sera également au festival de Colmar. Est ce que des émissions de télé, radio ou articles de presse sont déjà prévus ?

BW : La diffusion devrait avoir lieu avant la fin de l'année. Je prie pour une bonne date et une bonne audience... Quant à la promo, rien de prévu tant que la date n'est pas fixée mais j'espère que Fr. 2 va "mettre le paquet", pour qu'on ait toutes les chances de réussite que je crois que le film mérite. A suivre...


CM : 2005 va arriver vite maintenant. Tu seras en tournée en début d’année. As-tu d’autres projets pour l’année prochaine ?
BW : Faire les 2 derniers PJ et on verra !....
Des projets, rien de sûr ni de signé, et je jouis beaucoup d'être de nouveau vacant, de retrouver cette incertitude, cette crainte, ce goût d'aventure où rien n'est sûr. J'ai choisi ce métier pour ça aussi ! Et j'ai l'espoir d'avoir la pugnacité et la chance d'atteindre des films ou des pièces qui me feront encore découvrir
de tout nouveaux horizons...