INTERVIEW DU 4 JANVIER 2009

 

 

CM : Les représentations de la pièce "Equus" se sont achevées le 23 novembre. Au départ, la pièce était programmée jusqu'à la fin de l'année. Comment expliques-tu cette fin prématurée alors que les critiques étaient excellentes et les spectateurs faisaient un triomphe à la pièce chaque soir ?

BW : Principalement que, pendant "la crise", la plupart des gens n'ont pas eu envie de voir un spectacle "sérieux", où l'on ne rit pas (c'est le cas à peu près partout à Paris à cette saison), et donc que le bouche à oreille a mal fonctionné. Et aussi qu'amortir financièrement une salle de 1 000 places comme Marigny, sans stars, était une sacrée gageure par les temps qui courent... En tout cas, stopper prématurément un spectacle accueilli chaque soir triomphalement (je ne crois pas éxagérer !) par 300 ou 500 spectateurs transportés est une drôle d'aventure !...

 

CM : Tu as quitté avec regret le personnage du psychiatre Martin Dysart que tu faisais vivre chaque soir sur les planches pendant plus de 2 mois, 6 jours sur 7 ?

BW : J'ai quitté le spectacle, Dysart reste "pas loin"... Vivement la tournée, si elle a lieu comme prévu début 2010.

 

CM : Quels souvenirs garderas-tu de cette aventure ? Une belle collaboration avec Didier Long et des comédiens de talent comme Julien Alluguette, Christiane Cohendy, Didier Flamand et tous les autres ?

BW : Sublime ! Extraordinaire ! Rare ! Passer 5 mois à 12 acteurs en scène sans vrais litiges ni heurts importants est tout à fait exceptionnel. Didier a été fédérateur d'une formidable qualité d'énergie de troupe... C'était assez jouissif !

 

CM : Pour ceux qui aimeraient revoir la pièce, pourra-t-on retrouver "Equus" en dvd ?

BW : Non ! Les droits images d'Equus appartiennent au studio américain qui a produit le film de S.Lumet... Impossible de tourner un "remake" sans droits, hors de prix "théatre"...

 

CM : As tu d'autres projets après "Equus" ?

BW : Oui, plusieurs pour la télé, mais rien n'est signé encore.

 

CM : Pendant plusieurs semaines, tu as tourné P.J la journée et joué au théâtre le soir. Cela n'a pas été trop difficile à concilier ?

BW : Physiquement, si ! Se discipliner à dormir aussitôt le spectacle terminé, être sur le pont à 6 h pour tourner jusqu'à 19 h et filer au théâtre, et ce pendant 10 semaines, a été un sacré défi, et le tout sans jamais un jour de relâche... Mais j'aime bien ce genre de défi ! En revanche, 2 rôles aussi différents, et 2 rythmes de travail aussi opposés ont été un pur bonheur d'alternance.

 

CM : Le 5 novembre, tu tournais les dernières scènes de P.J. La boucle est bouclée aujourd'hui, la série s'achève avec plus de 20 saisons et 11 ans d'existence. Un record de longévité pour une série française. Toute l'équipe et toi-même n'avez pas eu un petit pincement au coeur de quitter définitivement la P.J St Martin ?

BW : L'équipe, si, assurément, et moi pour eux. En ce qui me concerne directement, le deuil avait été pleinement consommé en 2005 lors de mon départ. Là, ça a plutôt été un plaisir très ludique. Aucune tristesse !

 

CM : Les quatre derniers épisodes que tu as tourné racontent l'avant P.J, la vie de Vincent Fournier plus de 10 ans en arrière. As tu dû adopter un nouveau look ? 

BW : Au lieu de rentrer dans la problématique du rajeunissement physique (impossible avec les moyens et le rythme de tournage télé), j'ai imaginé un Fournier au look différent (cheveux longs, un peu grunge)... qui deviendrait à la fin de ces 4 prequels le Fournier que les spectateurs ont connu en 97. 

 

CM : Avec qui aurais-tu envie de travailler aujourd'hui ?

BW : Avec ceux avec qui je suis heureux de bosser en toute complicité, que je les connaisse déjà ou pas encore.

 

CM : Professionnellement, quel rêve voudrais-tu réaliser ?

BW : Durer...

 

CM : Qu'est ce qui te motive toujours dans ce métier ? Changer de peau ? Rencontrer et travailler avec des professionnels (réalisateurs, metteurs en scène, comédiens) que tu admires ?

BW : Fabriquer "ensemble", vraiment ensemble, en échangeant et en s'estimant le plus possible...

 

CM : Au contraire, qu'est ce qui te motive le moins ? Les "corvées obligatoires" du métier ?

BW : Fabriquer "contre", vraiment contre, sans communiquer et en ne s'appréciant pas  !!!